La GRIPPE AVIAIRE : la fin de l'élevage de volailles (en plein air)  ?


Nous suivons avec beaucoup d’inquiétude l’évolution de la grippe aviaire dans l'Union européenne. En tant qu'association pour la protection des animaux en France, nous aimerions partager avec vous nos réflexions sur une industrie, qui, à notre avis, à long terme n'est plus viable éthiquement, écologiquement ou économiquement.


C'est l'élevage de volailles en soi qui est en cause et qui pose un danger

Des variantes faiblement pathogènes du virus de la grippe aviaire sont omniprésentes chez les oiseaux sauvages, en particulier les oiseaux aquatiques, tout au long de l'année. Ces oiseaux en sont des porteurs sains. Les oiseaux domestiques, par contre, ont un système immunitaire plus faible à cause de la consanguinité et de leur courte durée de vie qui ne leur donne pas le temps de développer une immunité. Une fois que le virus se propage parmi les oiseaux d’élevage, il y a un risque très élevé de mutation en variantes hautement pathogènes et de pandémie en raison de la haute concentration de volailles dans les élevages. Ce risque a été prouvé pour le virus H5N1 ainsi que pour la variante H5N8. Selon un communiqué de Wetlands International en 2015 «Aucun des oiseaux sauvages qu'ils ont échantillonnés au cours des années n’a testé positif pour la grippe aviaire H5N1 responsable de la maladie connue sous le nom de ‘grippe aviaire’» et «c'est très peu probable que les oiseaux sauvages dispersent des souches de virus sur de vastes distances. »1


Le Dr Leon Bennun, directeur des sciences, des politiques et de l'information de BirdLife International, a écrit: «Certaines agences qui tentent de surveiller et de contrôler la grippe aviaire, n'ont pas voulu attirer trop d'attention au rôle de l'agriculture intensive dans les épidémies de la grippe aviaire en raison de l'impact sur les économies nationales.... Pour cette raison et pour d'autres raisons, le rôle des oiseaux sauvages migrateurs dans la transmission de la maladie a été exagéré et encore sensationnalisé dans la presse.» 


La grippe aviaire: un risque majeur pour la santé humaine

Les maladies animales telles que la grippe aviaire posent un risque majeur pour la santé humaine. La pandémie de grippe de 1918 qui a tué plus de 50 millions de personnes en 1918-1919 était une forme de grippe porcine qui avait franchi la barrière des espèces pour infecter l'homme. L'ancien Directeur général de l'OMS, le Dr LEE Jong-wook, a déclaré dans un discours en 2005: « Ce n'est qu'une question de temps avant qu'un virus de la grippe aviaire n'ait la capacité d'être transmis d'homme à homme, déclenchant une pandémie humaine de la grippe ... Nous ne savons pas quand cela va arriver, mais nous savons que cela se produira. » La pandémie de 2009/10, qui a coûté environ 19,000 vies, lui a donné raison. Il se trouve que la pathologie responsable était composée de quatre virus différents de grippe: la grippe porcine nord-américaine, la grippe aviaire en Amérique du Nord, la grippe humaine et un virus asiatique/européen de la grippe porcine. Pendant que nous écrivons ceci, la grippe aviaire chez l'homme est signalée dans de nombreux pays à travers le monde.2 La Chine a récemment confirmé 106 cas humains de H5N9 de la grippe aviaire. La plupart des cas ont été le résultat d'un contact humain avec de la volaille. Cependant, il y a eu deux cas où la transmission de l'homme à l'homme ne peut être exclue.  


Le bien-être animal en danger

Le consommateur devient de plus en plus conscient du bien-être animal. Par exemple, dans toute l'Europe, les grandes surfaces sont en train de convertir le marché d'œufs de poules de batterie en œufs de plein air. Ceci est un très bon développement qui ne devrait pas être inversé. En raison de l'épidémie actuelle de grippe aviaire, les agriculteurs sont tenus de garder leurs animaux à l'intérieur. Compte tenu de l’implication du stress dans la suppression du système immunitaire et que certains types d'oiseaux, comme les oies et les canards, ne sont pas adaptés à être gardés dans des bâtiments, et compte tenu de la demande croissante du public pour des œufs de plein air, garder les oiseaux à l'intérieur n’est plus une option viable à long terme pour arrêter et prévenir la transmission de l'infection. Lire plus ici


L'oeuf Bio, est-il vraiment un oeuf de plein air ?

Le fait que les volailles doivent être confinées par rapport à la grippe aviaire a déjà des conséquences pour les oeufs Bio. Nous avons contacté l'Agence Bio avec la question si les oeufs classifiés FR 0 (donc bio/élevé en plein air), qu'on achète dans les grandes surfaces, sont toujours vraiment des oeufs des poules élevées en plein air. Nous avons eu la réponse suivante : 

"L’article 14 du règlement CE 834/2007 qui encadre le mode de production biologique précise, en ce qui concerne les pratiques d'élevage et les conditions de logement que "les animaux d'élevage bénéficient d'un accès permanent à des espaces de plein air, de préférence à des pâturages, chaque fois que les conditions climatiques et l'état du sol le permettent, sauf si des restrictions et des obligations relatives à la protection de la santé humaine et animale sont imposées en vertu de la législation communautaire".

Actuellement en effet ce type de restriction s'impose par sécurité, mais n'affecte PAS la certification bio en application de cette réglementation, toutes les autres règles de production étant respectées par ailleurs." 

Le confinement des poules pondeuses  concerne les poules du Label Rouge, du Plein Air ou Bio. Pour l’instant les mesures de confinement obligatoire sont prolongées à priori jusqu’en mai 2017 pour éviter la propagation.


La biosécurité: pas une solution

Des mesures de biosécurité sont revendiquées comme l’ultime solution pour arrêter la contamination par un virus hautement pathogène, en dépit du fait que leur efficacité n’est pas avérée et qu’il est probable que la contamination peut avoir lieu indirectement par des souris, des rats ou même des mouches. Le 25 janvier 2017, la Commission européenne a informé la commission de l'agriculture et du développement rural du parlement européen de l’état actuel du bilan des épizooties de grippe aviaire. Dans son rapport, la Commission européenne a également mentionné que «des preuves scientifiques solides sur l'efficacité réelle des mesures de biosécurité font souvent défaut ou sont non quantifiées».


Des centaines de millions de volailles déjà abattues

Dans le cas d'une épidémie, l'Union européenne suit les recommandations de l'Organisation mondiale de la santé animale et ordonne l'abattage systématique des volailles, ce qui est effectué par des méthodes des plus atroces. Des milliers d'animaux doivent être tués dans un temps très limité. Ils sont gazés dans des chambres à gaz ou abattus (avec ou sans étourdissement) dans des abattoirs  mobiles ou ordinaires. Dans certains pays, les oiseaux ont même été brûlés ou enterrés vivants ou on leur a essoré le cou pour les tuer. Dans tous ces cas, le bien-être animal est compromis. Au cours des dernières années, des centaines de millions de volailles ont été abattues ou sont mortes après avoir été contaminées par le virus de la grippe aviaire et de nombreux oiseaux sauvages ont subi le même sort. Sur la façon dans laquelle les animaux sont abattus  on n'est pas toujours très clair. Ci-dessous vous trouvez le témoignage de Chantal éleveuse à Hasparren: "Ils endorment un peu les canards, et après ils ont mis des milliers de canards dans des big bags". Ce témoignage a été publié sur France Bleu le 12 avril 2017https://www.francebleu.fr/infos/agriculture-peche/grippe-aviaire-etouffe-les-canards-dans-des-sacs-plastique-denonce-la-confederation-paysanne-1492015305


Pas de vaccination

Une vaccination ne semble pas être disponible, applicable ou économiquement viable et n’est donc pas considérée comme une option.


Le foie gras : le secteur qui ne respecte pas les règles de la protection animale 

Notre association est située en France, où le secteur du foie gras a été la principale victime de l'épidémie de grippe aviaire cette année. Il est prévu de rembourser les agriculteurs pour leurs pertes. Le secteur de foie gras fournit des emplois à seulement un très faible pourcentage de la population française. La demande pour le foie gras a diminué chaque année au cours des 4 dernières années. La consommation de foie gras est très mauvaise pour la santé humaine. Pourtant, des millions d'euros sont dépensés pour soutenir un secteur qui ne respecte même pas la législation européenne en matière de bien-être animal. Les canards sont toujours gardés dans des cages individuelles et même si la recherche, dont la dernière par l'Université de Cambridge3, a conclu que le gavage compromet le bien-être animal, le gavage du canard est toujours pratiqué dans la plupart des fermes de foie gras en France et dans les autres  pays producteurs de foie gras de l'UE. Continuer à soutenir un tel secteur est non seulement moralement inacceptable, mais aussi irresponsable en raison du risque pour la santé publique posé par la grippe aviaire.


Nous payons pour une filière qui constitue une menace potentielle pour notre propre santé?

Les foyers d’infection de la grippe aviaire ont entraîné d'énormes pertes dans le secteur de la volaille dans toute l'Europe et partout dans le monde. La rémunération des agriculteurs de l'UE est payée par l'argent des contribuables, notre argent. Pour les foyers d’infection de 2016/2017, quelques centaines de millions d'euros ont été réservées par l'UE pour indemniser les agriculteurs pour leurs pertes. Comment l'UE peut-elle justifier que le public paie pour une industrie qui constitue une menace potentielle pour leur propre santé?


Les volailles en Europe: plus de souffrances et maltraitances 

Les mesures européennes pour la protection des volailles sont largement sous-estimées et sous-développées dans l'UE. En voici quelques exemples: les principaux problèmes de bien-être des animaux parents/grands-parents pour la production de poulets de chair4 , les problèmes de bien-être associés à la sélection génétique des races des poulets et des dindes5 , l'insémination artificielle de canards et des oies principalement gardés dans des cages, l'insémination artificielle de dindes, la forte densité de volailles dans les élevages, le chargement, le transport et les problèmes d'abattage (étourdissement inefficace), l'abattage de canetons et de poussins  d'un jour jugés inutiles pour l'industrie, les poules pondeuses toujours gardés dans des cages et même avec les installations qui leur sont fournies les conditions dans lesquelles elles vivent sont tout à fait inappropriées. Les canards sont gardés à l'intérieur des granges ou sur des champs boueux sans bassins d'eau appropriés / sans étangs6, les incendies dans les élevages, les accidents de camions de transports avec animaux vivants  en route vers les abattoirs, les transports de longue distance à travers l'UE, etc., etc., etc.


Les conséquences pour la faune sauvage

Une battue de tourterelles turques a eu lieu dans le Lot et Garonne du 23 jusqu'à 25 février 2017 . Nous nous sommes informés auprès les organisations compétentes, comme, LPO, Wetlands International, le FAO , Bird Life International etc. sur l'efficacité d'une telle action. Les avis sont unanimes: l'abattage des oiseaux sauvages est déconseillé. La FAO nous a envoyé sa position:

Position FAO sur les oiseaux sauvages et le risque de la grippe aviaire (Février 2017).

La FAO reconnaît la preuve scientifique que les en particulier la sauvagine (canards, échassiers, cygnes, oies), constituent des réservoirs naturels pour le virus influenza de type A. Aux efforts pour mieux contrôler la maladie, la FAO ne recommande aucune action visant les oiseaux sauvages, mais incite à limiter un contact probable avec la production avicole – petits ou grands élevages. Les activités fondées sur la chasse, l’empoisonnement des populations ou la destruction de l’habitat afin d’éliminer la menace constituée par les oiseaux sauvages sont plus enclines à accélérer leur dispersion et potentiellement propager l’infection dans d’autres régions du pays ou des pays voisins, à tuer d’autres espèces et à contaminer ou détruire l’environnement ou l’équilibre des écosystèmes.

 

La FAO soutient l’investissement pour renforcer les bonnes pratiques d’hygiène et les mesures de biosécurité dans les élevages avicoles, durant le transport ou la commercialisation de volailles et la sauvegarde de leurs produits. Ces efforts sont primordiaux pour la gestion et la réduction du risque contrairement à la chasse à l’aveugle ou la destruction des habitats. La FAO ne justifie en aucun cas l’abattage préventif des espèces menacées dans les collections zoologiques. Les mesures de contrôle pour les oiseaux captifs dans les zones où le virus est détecté doivent être fondées sur un contrôle strict des mouvements, un isolement et seulement lorsque cela est nécessaire un abattage limité des oiseaux infectés.

 

L’utilisation de désinfectants dans un environnement où sont présents des oiseaux malades ou morts est probablement inefficace du fait d’une grande quantité de matière organique et peut, à long terme, nuire à l’environnement.


Voire aussi le site internet de la FAO.

Un Groupe de travail scientifique sur la grippe aviaire et les oiseaux sauvages, organisé conjointement avec le Programme pour l'environnement, la Convention des Nations Unies sur les espèces migratrices (PNUE / CMS) et les actions de l'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), a publié une déclaration, le 20 décembre 2016, sur « Le virus H5N8 de la grippe aviaire hautement pathogène (IAHP) chez les volailles et les oiseaux sauvages ».

http://www.cms.int/sites/default/files/Scientific%20Task%20Force%20on%20Avian%20Influenza%20and%20

Wild%20Birds%20H5N8%20HPAI_December%202016_FINAL.pdf

Dans cette déclaration, le Groupe de travail invite les organismes et les organisations «à assurer qu'il n'y a aucune considération de tuer des oiseaux sauvages ou d'affecter négativement les habitats des zones humides comme des mesures potentielles de lutte contre la maladie». 

L'attestation dit spécifiquement que:

« Des investigations complètes doivent être menées avant d’attribuer la source d’infection avec le virus de la grippe aviaire chez la volaille d’élevage à des sources extérieures, y compris aux oiseaux sauvages. Tous les experts (FAO, OIE, le Consortium global pour le H5N8 et les Virus Associés de la Grippe Aviaire) sont de l’avis que l’abattage d’oiseaux sauvages et le drainage ou la désinfection des zones humides sont déconseillés car contre-productifs au contrôle du virus H5N8 HPAI. » Perturber les oiseaux aquatiques et détruire leur habitat auraient pour effet la fuite d’oiseaux vers d’autres zones et en conséquence un risque accru de la propagation du virus. On risque aussi de tuer ou de déstabiliser les espèces non ciblées. Qui plus est, de telles actions seraient en contravention des engagements des nations signataires. Parmi ces engagements sont la Convention sur la Conservation d’Espèces Migratoires d’Animaux Sauvages (CMS), l’accord sur la Conservation des Oiseaux Aquatiques africains-eurasiens (AEWA), la Convention ‘Ramsar’ sur les Zones Humides et la Convention sur la Biodiversité (CBD).

Les protocoles de diagnostique pour la détection du virus Eurasien H5 par polymérisation en chaîne en temps réel sont toujours considérés comme adaptés aux objectifs. La FAO et l’OIE conseillent de continuer et de renforcer la surveillance d’oiseaux sauvages dans des régions où les virus H5 clade 2.3.4.4 d’origine eurasienne ont été détectés et dans tous les endroits où une mortalité accrue d’oiseaux sauvages a été détectée.

La présence d’oiseaux infectés peut être considérée comme une indication pour faire des investigations plus approfondies des sources d’infection, y compris l’infrastructure humaine. Des activités de recherche sont nécessaires pour démêler les véritables mécanismes et routes de transmission, interrégionales et à l’intérieur d’une région, des virus HPAI. Parmi ceux-ci sont le transport de volailles et de sous-produits de l’industrie de l’élevage, et le lâcher d’oiseaux élevés en captivité. Des investigations menées conjointement à travers les secteurs (y compris de l’expertise ornithologique) sont requises pour accumuler des connaissances de modes et de routes de transmission et du spectre d’hôtes du virus. Pour transmettre ces informations, d’officiels rapports gouvernementaux devraient inclure autant d’information spécifique que possible, dont les noms scientifiques d’espèces concernées et les chiffres des individus infectés. En outre, on recommande des recherches sur les mouvements migratoires d’oiseaux sauvages. »

En plus les gouvernements, dont celui de la France, en adoptant et en signant des résolutions de plusieurs traités internationaux, ont confirmé que l'abattage sélectif n’est pas réaliste et risque d’exacerber le problème en aggravant la dispersion des oiseaux infectés.

La Convention sur les zones humides - Ramsar:

http://archive.ramsar.org/pdf/res/key_res_ix_23_f.pdf

La Convention sur les espèces migratrices:

http://www.cms.int/sites/default/files/document/CP8Res_8_27_Avian_Influenza_Fre_0.pdf

et L'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie (AEWA)

http://www.unep-aewa.org/sites/default/files/document/res3_18_fr_0.pdf

Suite à cette battue la LPO a publié un communiqué dans lequel elle dénonce le détournement des causes réelles de la épizootie de grippe aviaire. 


Le rôle de la chasse

Lire le document de la Confédération de la Chasse de France ici



L'élevage, l'une des causes principales du changement climatique

Le dernier point, mais pas le moindre, est l’importance des aspects environnementaux de l'élevage de volailles et de son impact sur le changement climatique. L'une des causes les plus importantes du changement climatique est l'agriculture animale.


Ce que nous voulons!

Nous pensons qu'il est temps que les gouvernements prennent leurs responsabilités. Au lieu de tolérer, voire encourager, cette industrie, ils devraient penser à long terme, éliminer progressivement l'élevage de volailles en particulier et l'élevage en général et soutenir financièrement le développement de sources alternatives de protéines. Il est inacceptable de continuer à prétendre aux agriculteurs qu’ils peuvent mettre leur espoir dans une industrie sans avenir, quand on sait que des maladies comme la grippe aviaire posent un réel danger potentiel pour la santé humaine.


Nous demandons à la Commission européenne, le Parlement européen, les membres du Conseil européen d’arrêter de fermer les yeux sur les pratiques inacceptables de l'industrie de foie gras dans l'Union européenne. Nous aimerions également que l'Union européenne s’exprime plus précisément et plus clairement sur les effets négatifs de la consommation de produits d'origine animale, et qu’elle encourage la production de protéines  à base de  plantes  et autres alternatifs aux produits d'origine animale, non seulement pour le bien de la santé humaine, mais aussi pour le bien-être animal, pour l'environnement, pour l'équilibre et une meilleure distribution des denrées alimentaires dans le monde entier, et surtout pour lutter contre le changement climatique. 


Pour plus d'informations, nous vous renvoyons à notre contribution (en anglais) à la consultation publique sur l'avenir de la politique agricole commune, publiée sur notre site Antispeciesism.com.


2 http://www.oie.int/en/animal-health-in-the-world/update-on-avian-influenza/2017/

3 Professor Donald M. Broom of the University of Cambridge « The Welfare of Ducks during Foie Gras Production »

4 Scientific Opinion on welfare aspects of the management and housing of the grand-parent and parent stocks raised and kept for breeding purposes

5 https://ec.europa.eu/transparency/regdoc/rep/1/2016/EN/1-2016-182-EN-F1-1.PDF

6Ducks out of Water” A report on the UK duck industry by Juliet > Gellatley (BSc Zoology), founder and director, Viva!

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En résumé: 

1. C'est l'élevage de volailles en soi qui crée des conditions favorables pour que les virus de l'influenza aviaire mutent vers des variants beaucoup plus pathogènes et dangereux pour l'homme. 

Des variantes faiblement pathogènes du virus de la grippe aviaire sont omniprésentes chez les oiseaux sauvages, en particulier les oiseaux aquatiques, tout au long de l'année. Ces oiseaux en sont des porteurs sains. Les oiseaux domestiques, par contre, ont un système immunitaire plus faible à cause de la consanguinité et de leur courte durée de vie qui ne leur donne pas le temps de développer une immunité. Une fois que le virus se propage parmi les oiseaux d’élevage, il y a un risque très élevé de mutation en variantes hautement pathogènes et de pandémie en raison de la haute concentration de volailles dans les élevages. Ce risque a été prouvé pour le virus H5N1 ainsi que pour la variante H5N8 qui tourne dans les élevages de France depuis fin 2016. 

2. La grippe aviaire est un danger pour la santé publique, et pour qu'une pandémie se manifeste c'est juste une question de temps....

3. La grippe aviaire est un danger pour les oiseaux sauvages, mais aussi pour d'autres animaux.... A New York, dans un refuge, des chats ont été infectés par la grippe aviaire type H7N2.... 

4. Des mesures de biosécurité qui sont revendiquées comme l’ultime solution pour arrêter la contamination par un virus hautement pathogène ne sont pas prouvées efficaces.... Une question que nous nous demandons est: comment est-il possible qu'il y a toujours des nouveaux cas d'infection dans les élevages, même après plusieurs de mois d'alerte, après que les volailles ont obligatoirement dû être confinées dans des bâtiments et après que les élevages ont dû prendre des mesures de biosécurité plus strictes. Des derniers cas sont encore détectés dans le Deux-Sèvres et dans les Pyrénées-Atlantiques (fin février)

5. Seulement en France déjà 3 millions de canards ont été abattus cette année: 1,35 million dans les exploitations contaminées auxquels il faut ajouter 1,8 million de palmipèdes tués de façon préventive. (Le Figaro:http://www.lefigaro.fr/…/20002-20170213ARTFIG00326-grippe-a… ) Ces abattages ont été effectuées dans des circonstances et par des méthodes les plus atroces. 

6. L'élevage en parle déjà: il est probable que les volailles vont toutes finir par être enfermées dans des hangars ... Plus de possibilité de profiter du soleil, de gratter dans le sol, de pâtiner.... L'élevage de volailles en plein air est en danger. Les organisations qui représentent ces éleveurs sont déjà allés frappés à la porte des ministres, de la Commission Européenne. Donc tout ce que les associations pour la protection des animaux ont réussi jusqu'à maintenant pour sortir ces animaux des granges, des hangars, pour les donner une propre vie, va être en vain.... 

7. La grippe aviaire va revenir, peut-être pas le même variant, mais elle reviendra .... et les abattages préventifs vont continuer, les agriculteurs vont continuer de demander à l'état et à l'UE des indemnisations, qui sont payées par l'argent des contribuables, par notre argent.

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Ce que nous avons fait:

  1. Des lettres ont été envoyées au Ministre français de l'Agriculture Monsieur Stéphane Le Foll, aux députés français, à la Commission Européenne, et aux membres du Parlement Européen. Vous les trouvez ici
  2. Une lettre est partie à Madame le Préfet du Lot-et-Garonne suite à une battue administrative de tourterelles turques à Fals (Arrêté Préfectoral du 22 février 2017 portant l'autorisation de détruire des tourterelles turques suite à un cas d'influenza aviaire sur la faune sauvage)
  3. Une lettre est préparée à l'attention de Monsieur le Ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, Porte-parole du Gouvernement, Monsieur Stéphane Le Foll, concernant une battue administrative de tourterelles turques à Fals (Lot-et-Garonne)

  4. Une lettre est partie à l'attention de Mr Le Foll concernant le confinement des palmipèdes.

  5. 6  associations de la protection animale en Vendée ont lancé une pétition
  6. Sur la page facebook dédiée à la grippe aviaire et le massacre des volailles vous trouverez toutes les actualités.  


Sources/Articles/Liens  (aussi en anglais) : 



Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture : http://www.fao.org/avianflu/fr/index_fr.html


ITAVI : http://influenza.itavi.asso.fr


Ministère de l'Agriculture http://agriculture.gouv.fr/influenza-aviaire-h5n8-le-suivi-de-la-propagation-du-virus-dans-les-elevages-et-dans-la-faune

Ministère de l'Agriculture http://agriculture.gouv.fr/les-zones-reglementees-h5n8


Plateforme ESA : http://www.plateforme-esa.fr/node/35785


Bird Life Internationalhttp://www.birdlife.org/action/science/species/avian_flu/index


Wetlands International https://www.wetlands.org/


Situation Report and Guidance for H5N8 and other Eurasian H5 clade 2.3.4.4 Avian Influenza Viruses 29 November 2016

http://www.offlu.net/fileadmin/home/en/resource-centre/pdf/H5N8_OFFLU_Statement.pdf

Avian Influenza (Bird Flu) – What You Need to Know A Report by United Poultry Concerns 2007 :

http://www.upc-online.org/poultry_diseases/birdflu.html


Articles dans la presse:



Chantal éleveuse à Hasparren: "Ils endorment un peu les canards, et après ils ont mis des milliers de canards dans des big bags". Entendez ici son témoignage: