LE POULETLe monde oublié des reproducteurs/les parents des poulets de chair

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« Je voudrais commencer mon article  en proposant un nouveau nom scientifique pour les reproducteurs de poulets de chair : Gallus Neglectedus (poule négligée). En fait, les reproducteurs de poulets de chair sont coincés face à un dilemme : Les pratiques de gestion qui sont essentielles pour assurer une bonne  santé et des compétences en matière de reproduction peuvent également réduire d'autres aspects du bien-être » (JA Mench, Département des sciences de la volaille, Université du Maryland, 1993)


Les reproducteurs sont les poules et les coqs qui produisent les oeufs, qui éclosent les poussins et qui sont enfin engraissés, donc qui deviennent  les poulets de chair. Les reproducteurs souffrent à la fois mentalement et physiquement. Elevés pour être "avide", les reproducteurs doivent être conservés pendant des périodes prolongées, sur des rations strictement réglementées pour survivre et se reproduire avec succès.

Afin de contrôler leur poids corporel, il y a 3 principaux systèmes d'alimentation :

- tous les jours, mais l'alimentation est réduite
- l'alimentation est donnée un jour sur deux
- l'alimentation est donnée cinq jours par semaine

Les programmes d'alimentation consistant à sauter des jours sont strictement interdits au Royaume-Uni, mais sont largement pratiqués aux Etats-Unis, et probablement dans de nombreux pays à travers le monde, y compris peut-être au sein de l'Union Européenne.

La nourriture est souvent distribuée une fois par jour, tôt dans la matinée. 

Normalement, les poules passent une partie considérable de leur journée à chercher leur nourriture, et lorsqu'elles ont le choix, préfèrent passer du temps à la chercher plutôt que de manger une nourriture industrielle et servie sur un plateau. Le résultat est que ces poulets reproducteurs souffrent de faim chronique, mais aussi d'ennui et de frustration. Cela provoque des troubles du comportement, qui les amènent même à manger leur litière. Très souvent, ils compensent en buvant plus. Afin de maintenir une litière propre, il n'est pas rare que les éleveurs de reproducteurs de poulets de chair limitent l'apport de nourriture, et d'eau.

                                        Cette vidéo montre un élevage de reproducteurs aux Etats Unis  

Parce que cela améliore leur comportement d'accouplement, les mâles sont nourris de manière réglementée et rationnée tout au long de leur vie. Les femelles sont réglementées plus modérément, car elles doivent produire des œufs. Pour faire en sorte que les mâles mangent moins, des grilles sont mises au dessus des mangeoires, qui vont permettre aux femelles de manger, mais pas aux mâles, qui ont une tête plus large et qui ne passent pas dans les grilles. Des mangeoires mal conçues ont déjà causé de terribles souffrances. Une autre façon de faire consiste à coller une tige en plastique à travers leurs cavités nasales pour les empêcher de manger.


Les bacs de nourriture pour les coqs sont séparés des bacs de nourriture pour les poules.

Photo : SKA  

Les mâles peuvent avoir des tiges en plastic dans le nez pour éviter qu'ils mangent trop.

Photo: PETA  

La restriction alimentaire rend les mâles plus agressifs. Il n'est pas rare que, dans ces conditions commerciales modernes, le comportement  habituel du mâle soit changé. Normalement un mâle cherchera la nourriture pour ses amies, et laissera les femelles manger en premier. Vous ne verrez pas cela dans un élevage de reproducteurs. 


Pendant environ 60 semaines, les poules et les coqs vivent dans des hangars, des environnements contrôlés. Les hangars ne sont pas nettoyés jusqu'à ce que le troupeau suivant arrive, ce qui rend l'air humide et poussiéreux, et l'odeur très forte. Quelqu'un m'a dit qu'il avait fallu une semaine à des poules sauvées de ces endroits, pour se débarasser de l'odeur imprégnée sur leur peau.

Pour réduire les blessures, les poules et les coqs ont le bec coupé quand ils sont jeunes, avec une lame ou un faisceau infra-rouge. Il n'y a pas d’analgésiques donnés pour soulager la douleur. C'est une mutilation grave et douloureuse, qui est heureusement interdite dans certains États membres de l'UE, mais pas tous.
 

Le bec est coupé quand ils sont jeunes

Photo : Animals Australia

l'Ammoniac, sous les pattes des coqs, qui montent les poules, brule les plumes et le dos. Ceci peut donner des infections et ulcers importantes.


Les femelles peuvent aussi avoir de graves pertes de plumes, ce qui entraîne des lésions sur la peau et de grosses blessures. Pour empêcher cela lors de l'accouplement, les éleveurs coupent les derniers doigts des mâles reproducteurs, sans anesthésie. Inutile de dire que cela provoque beaucoup de douleurs, ou mène à des maladies graves.


Une dernière forme de mutilation existe : la suppression de tout ou une partie, de la crête du mâle. L'opération est généralement effectuée lorsqu'il est au stade de poussin, avec des ciseaux pointus. Cela a d'abord été réalisé pour éviter les blessures a cet endroit par d'autres animaux ou congénères. Désormais, très peu d'élevages de poulets de chair au Royaume-Uni exigent de supprimer la crête des mâles, mais c'est encore réalisé pour certains clients d'outre-mer qui le demandent, pour des raisons d'habitude. Ceci est inacceptable.

Nous nous opposons fermement à l'exploitation des poules et leurs parents pour le poulet ! 

                                           Photo : SKA

Savoir plus:


"Prepare for lay instead of growth

In weeks 5-15 of the pullets life, the goal shifts from growth to body weight control, finish determining frame size and preserving uniformity. Genetic selection has resulted in continuous improvement in broiler traits like body weight gain and feed conversion, and this progress in the utilisation of nutrients represents the most challenging condition of this period, as the growth potential of the bird is limited in order to prepare a hen for lay instead of meat production. Small weekly feed increases are necessary to achieve the weight gains targeted.

The limited amount of feed that gets distributed during this period is a challenge for the feeding equipment. An even distribution and an adequate amount of feed offered each time is desired to allow uniform access to feed for all birds within the flock; overall a minimum of 30 minutes of feed consumption time is acceptable.

Feed restriction programmes like 6-1 or 5-2 are commonly utilised during this period as an alternative to increase the amount of feed to be distributed and increase feed consumption time. If there are issues with intussusception on an alternative feeding programme, every day feeding may be used. Progressive utilisation of the feeding equipment is an alternative to maintain the right number of birds per pan or chain length as the flock grows older, with full access to feeding equipment provided at around 12 weeks. Table 2 shows a guide of progressive access to feed."