Habitez en France :

Mener une vie de chien ! ou Vivre en père « Clébard » !


Nous avons emménagé en France il y a plus de 15 ans. Nous nous sommes vraiment bien intégrés, participant à la vie locale devenant même membres du conseil d’administration de certaines associations. Le fait de plutôt bien parler français nous a aidé.

Puis, après huit années tranquilles et paisibles, il y a 7 ans, nous avons commis deux erreurs. Nous nous sommes investis pour monter une association de protection animale et nous avons converti notre terrain en zone d’interdiction de chasse. Cela impliquait de céder nos droits de chasse à une association dénommée ASPAS qui devient alors le seul organisme qui pouvait autoriser la chasse sur notre terrain.

Nous ne savons pas laquelle des deux raisons ou si les deux à la fois ont contrarié quelqu’un ou plusieurs personnes mais les choses n’ont pas mis longtemps à s’envenimer.

En premier lieu, nous avons reçu une lettre de la FDGDON, une organisation en charge par exemple de la gestion de la destruction des nuisibles tant au niveau de la faune que de la flore. La lettre nous informait que des ragondins se trouvaient sur notre terrain et que conformément à la loi nous devions donc faire en sorte de nous en débarrasser. Nous avons vérifié le texte de loi et découvert que ce n’était pas vrai. La seule chose obligatoire est de laisser entrer des agents d’un certain ministère afin qu’ils puissent procéder à l’élimination. Nous n’apprécions guère l’idée d’être trompé ou de passer pour des imbéciles mais avec l’aide d’une juriste de l’ASPAS nous avons réussi à rédiger une lettre courtoise informant la FDGDON que nous étions prêts à coopérer dans la mesure de nos obligations.

Ce fut en gros la fin de l’histoire si ce n’est que quelque temps plus tard un des conseillers municipaux nous informa qu’un employé de la FDGDON avait dit à des agriculteurs du coin que nous élevions des ragondins. Comme les agriculteurs n’aiment pas les ragondins à cause des dégâts qu’ils occasionnent, ce ne fut pas pour redorer notre blason. Le maire nous a également fait savoir que l’on avait parlé de nous en des termes défavorables dans une commission régionale. Nous avons demandé à cette commission une copie du rapport de la réunion, en vain cependant.

Au départ, notre association de protection animale a été formée à la demande de notre maire et nous l’avons aidé à placer trois ou quatre animaux de la fourrière qui autrement y séjourneraient encore/auraient été euthanasiés. Certains de nos bénévoles allaient au chenil afin de promener les chiens, passaient du temps avec eux afin qu’ils gardent une vie sociale et vérifiaient que tout allait bien. Un bénévole exprima un mécontentement envers un employé municipal et nous avons aussi constaté des manques au niveau de la fourrière que nous avons notifiés au maire. Ce qui nous amena à ne plus avoir accès au chenil pour des raisons de sécurité. C’en était fini de la lune de miel.

Nous avons organisé une porte ouverte dans la ville plutôt à visée familiale donc nous avons envoyé une invitation aux écoles du coin. Une institutrice a répondu qu’elle ne sentait pas apte à faire passer le message ayant entendu tant de choses négatives à propos de l’association. Nous étions des extrémistes, des végétariens, pleurant la mort de tout animal……Manifestement notre réputation tout comme nous l’avons découvert plus tard également nos animaux étaient attaqués.

En novembre 2011 un agriculteur du coin et un chasseur ont demandé la permission de chasser un sanglier dans notre terrain. Apparemment nous en avions une dizaine qui cherchait refuge dans notre propriété. Nous n’avons que trois hectares et demi principalement une prairie avec des fourrés de ronces. Les sangliers ne sont pas des créatures délicates et ils laissent de nombreuses traces : ils creusent et grattent, mangent la végétation, laissent des empreintes et des poils dans les buissons épineux, etc…. Nous commencions à douter qu’il y ait un quelconque sanglier dans notre terrain, encore moins une dizaine et nous avons expliqué que de toute façon nous avions cédé nos droits de chasse à l’ASPAS donc même si nous l’avions voulu et ceci à l’encontre de nos convictions nous n’aurions pu leur donner l’autorisation de chasser sur nos terres. Nous avons également des oies, des canards et des poules qui se promènent dans notre terrain donc la dernière chose que nous voulons voir ce sont bien des meutes de chiens qui les chassent sur la route passagère en les effrayant.

Le chasseur et l’agriculteur étaient franchement mécontents et dirent qu’il y aurait probablement une battu administrative organisée afin de protéger les récoltes auquel cas ce serait dangereux pour nos animaux car (selon leurs dires) tous les animaux sauvages ou domestiques seraient abattus. Plus tard, l’agriculteur nous a également dit qu’une telle attitude et un tel manque de coopération de notre part porterait atteinte à la réputation de notre association de protection animale. Nous étions à l’évidence pris entre le marteau et l’enclume.

Quelques jours plus tard, une bande de chasseurs apparut dans le champ à côté du nôtre et passa la plupart de la journée à tourner autour scrutant l’endroit où le sanglier devait se trouver. Bien qu’ils n’aient pas pénétrer dans notre terrain, l’expérience fut déplaisante car nous ne savions pas quelles étaient leurs intentions et nous avions des poules et bien-sûr des chats en liberté, donc nous devions restés vigilants en permanence tant qu’ils étaient présents.

Tout fut paisible jusqu’au 10 janvier 2012 lorsqu’un chien de chasse vient courir dans notre propriété et perturber nos oies. Un matin nous avons également trouvé un mégot de cigarette juste devant notre porte d’entrée qui se trouve à environ une quinzaine de mètres de la voie publique. Quelques jours plus tard, on trouva un plomb de pêche de 20g devant la porte. Encore plus étrange, on trouva un emballage de préservatifs devant un portail à l’intérieur à environ 30 mètres de la route si ce n’est plus. Et j’ai trouvé de l’eau qui s’est infiltrée de façon très mystérieuse dans l’huile d’un moteur refroidi par air d’une voiture en hivernage dans un hangar.

Jusque-là personne n’avait été blessé. Mais changement de décor lorsqu’à la fin de janvier 2012 un de nos chiens a été empoisonné, puis en avril 2012 une poule a été volée2 et en septembre Farah un de nos chats a été renversé par une voiture, le même jour un chat appartenant à l’ex-présidente de notre association a disparu et deux jours plus tard, ce fut le tour de Saba un de nos chats3.

En mars 2012 nous avons reçu un appel de la police d’une ville avoisinante qui voulait notre aide afin de placer un chat qui se trouvait dans leur fourrière. Nous leur avons dit que la procédure légale veut qu’une autre association sorte l’animal de la fourrière et que nous pourrions aider à retrouver le propriétaire ou trouver une personne pour l’adopter. Nous avons proposé de faire des affichettes avec la description du chat et de les distribuer dans les boites aux lettres du secteur où il avait été trouvé.

Nous avons fait une affichette et l’avons mise dans la boite aux lettres de la mairie en demandant d’en faire quelques photocopies car c’est un service fourni aux associations. Quelques jours plus tard, nous avons appelé afin de savoir quand nous pourrions récupérer les photocopies pour nous entendre dire que notre demande avait été rejetée. Le chef du service pensait que nous agissions illégalement et par conséquent avait refusé de devenir notre complice. On lui a expliqué que c’était uniquement dans le but de retrouver le propriétaire mais il ne nous permit toujours pas de faire des photocopies. Nous avons donc fait les photocopies ailleurs et les avons distribuées.

Quelques jours plus tard, la responsable de la police municipale nous a appris qu’elle avait reçu un appel étrange durant lequel un homme demandait confirmation de nos agissements. Elle a confirmé notre histoire c’est ainsi que l’homme a commencé à accuser notre association ainsi que l’autre association d’agir de façon illégale.

Le service juridique de l’ASPAS a écrit au maire pour lui demander de mettre un terme à cette diffamation en écrivant dans le prochain bulletin municipal un article indiquant notre rôle indéniable et rappelant aux gens qu’ils ne doivent pas s’en prendre aux animaux des autres. Après de nombreux courriers, toujours pas de courrier d’excuses. 

Nous avons signalé les faits en écrivant aux autorités locales et départementales. Le maire est responsable de l’ordre en ville mais n’est pas en mesure d’aider. Et la chose qui nous a le plus surpris c’est le fait que des personnes n’ont même pas été choquées lorsque nous leur en avons parlé. Selon eux, c’est chose courante en France.

Vous comprenez que nous ne nous sentons plus en sécurité. Les chats enfermés dans la maison, les oies, les canards et les poules derrière le grillage; c'était devenu une situation ingérable qui nous a fait décider de déménager en Belgique. Nous y sommes restés 3 mois. 

Pour plusieurs raisons nous sommes revenus en Vendée. Depuis, nous avons encore eu quelques soucis: des chasseurs et leurs chiens sur notre terrain, mais en général ça a été plutôt calme. Nous avons déposé une plainte avec comme preuve des vidéos mais bien sûr la plainte a été classée sans suite. Pour les animaux nous avons créé des espaces engrillagés où ils peuvent vivre en sécurité, et qui sont même fermés à clef. Il y a des caméras de vidéosurveillance un peu partout sur notre terrain. Et quand nous partons il y a toujours quelqu'un à la maison. Est-ce vraiment ce que l’on nomme « vivre en père Peinard » ?

Les responsables de l'association NALA 85480


Bournezeau, le 24 Juillet 2017


 

2

Le 6 avril au soir, nous avions une réunion du club NALA (nom de notre association) qui était d’ailleurs annoncée sur le site internet. A notre retour, nous avons découvert qu’une de nos poules avait disparu. Il y avait un chemin de plumes qui menait du poulailler au portail de l’entrée. Une autre poule avait les plumes de sa queue en paquet enduites d’une substance marron comme si une main sale les avait chiffonnées.

Nous l’avons signalé aux gendarmes sans grand espoir de trouver les coupables.


3 

Jeudi 6 septembre un de nos chats a été renversé. C’est la première fois en dix ans. Le même jour un chat appartenant à l’ex-présidente de notre association disparaissait. Deux jours plus tard, un autre de nos chats disparaissait à son tour. Il n'est jamais revenu.