Le Grand Débat National

Les combustibles fossiles

L’heure a sonné pour confronter la réalité du changement climatique et pour prendre des mesures sérieuses. Le gouvernement devrait traiter la population comme des adultes responsables et s’engager dans un programme efficace qui encourage les individus à changer leurs habitudes sans toutefois leur faire éprouver des privations. Une méthode équitable est par la taxation et les dividendes: l’argent obtenu par une taxe spécifique sur les combustibles fossiles serait reversé à parts égales à chaque résident, n’importe le montant de leur revenu.
Pour que des habitants en zone rurale ne soient pas pénalisés plus que les citadins, il faudrait investir dans le transport public à la campagne. En plus, les dividendes pourraient être basés sur les codes postaux et être plus élevés pour les zones rurales.
La taxe devrait être plus élevée pour les combustibles fossiles utilisés par l’industrie et d’autres gros consommateurs. Ainsi, pour le particulier, le dividende est plus élevé tandis que la contribution personnelle de taxation est plus petite. Par ailleurs, cela encouragerait l’industrie et les gros consommateurs à investir dans une réduction de consommation qui aurait plus d’effet que les petits efforts combinés d’individus lambda, ce qui encouragerait à son tour l’innovation et en conséquence, et à long terme, rendrait la France plus concurrentielle.

L’agriculture et l’utilisation de la terre

Toutefois, les combustibles fossiles ne sont pas seuls à contribuer au changement climatique: l’agriculture et l’utilisation de la terre doivent être également prises en compte.
Le boisement est un moyen simple, efficace et esthétique de combattre le changement climatique. Le gouvernement devrait encourager les autorités locales et régionales à planter des arbres. D’ailleurs, il y a beaucoup de parcelles de terre qui appartiennent à des particuliers mais qui sont trop petites pour servir à un usage agricole et sur lesquelles on pourrait planter des arbres. Malheureusement, ces parcelles sont aussi trop petites pour être vendues à un prix raisonnable: les frais de notaire sont souvent très élevés par rapport au prix de la vente. Cela vaudrait la peine de chercher une solution telle qu’un plafond par pourcentage des frais ou une procédure simplifiée.
L’élevage de cheptel est une source majeure d’émissions de gaz à effet de serre et aussi de pollution. On ne devrait pas permettre au secteur de s’accroître. Au contraire, on devrait tout faire, et aussi vite que possible, pour diminuer ce secteur. Des investissements dans le secteur d’élevage ne sont pas raisonnables – ils vont finir par courir à leur perte. À tout le moins, le gouvernement devrait introduire le critère légal que toute nouvelle installation soit construite selon un projet d’entreprise réaliste et applicable qui anticipe des mesures anti-pollution plus strictes qu’elles ne le sont actuellement. Ce critère protégerait des investisseurs qui ne seraient pas au courant des risques potentiels.
Nous sommes de l’avis que le gouvernement, par souci de la santé publique et le bien-être animal, devrait encourager un régime basé sur des plantes, dans le but ultime de supprimer progressivement, à long terme, l’élevage d’animaux destinés à la consommation. Des mesures comme l’obligation d’offrir une option végétalienne dans les cantines servent d’exemple. Ceci est déjà une obligation dans d’autres pays de l’UE, comme le Portugal.
En 2017, nous avons participé à la consultation ouverte de la modification de l’EU- CAP https://anti-speciesism.com/CAP-Public-Consultation-2017.php où nous avons expliqué nos motifs pour un changement radical dans le monde agricole. Les arguments les plus importants sont de l’ordre de la santé publique, des problèmes environnementaux et bien sûr la question du bien-être animal, notre préoccupation principale en tant qu’association de protection animale. Grâce à ce changement, les problèmes liés au transport d’animaux et à l’abattage disparaîtraient.
Nous sommes aussi en faveur de la fin de l’élevage d’animaux pour la production de produits de luxe, en fourrure par exemple.
Quant à la pêche, on est peu nombreux à savoir que La France est responsable d’un massacre chaque année d’entre 6,500 et 10,000 dauphins qui s’étouffent et meurent après avoir été pris au piège dans les filets des chalutiers. On estime que dans 50 ans il ne restera plus de dauphins dans l’Atlantique si l’on continue à ce rythme. Pour la santé de nos océans et de la biodiversité nous devrions supprimer progressivement la pêche industrielle.

La vie sauvage

Un autre avantage de la suppression progressive de l’élevage industriel d’animaux est que de plus en plus de terre deviendra disponible pour la nature et la vie sauvage. D’autre part, il faudra compenser raisonnablement les fermiers pour leur changement de carrière et pour qu’ils vendent leur terrains ou les convertissent en réserves de la nature. Plus il y aura de terrain pour la vie sauvage, moins il sera nécessaire de réguler les populations sauvages telles que sangliers, cerfs, loups, renards.
Nous soutenons une interdiction totale de la chasse et du piégeage, tout comme l’élevage de gibier pour la chasse (faisans, sanglier etc.). La chasse crée des situations dangereuses et stressantes, pour la personne aussi bien que pour l’animal. Les gens qui ont décidé de résider à la campagne pour des raisons autre que de pratiquer l’agriculture sont perturbés et souvent harcelés, voire menacés, eux et leurs animaux, dans leur vie quotidienne, par des chasseurs. Des activités de loisir pendant le week-end se font au risque de se faire blesser ou tuer, ce qui se passe lamentablement de plus en plus souvent. Il y a même eu des cas avérés et très médiatisés de personnes qui ont reçu une balle “perdue” quand elles conduisaient ou, dans le cas d’une jeune fille, quand elle se reposait dans sa chambre à coucher. La balle a traversé le mur. Apparemment, tout est permis aux chasseurs et nous autres, la vaste majorité des habitants de la France, n’ont plus de droits.
Beaucoup d’animaux sauvages sont protégés par la loi européenne et par des conventions internationales, des lois que la France ignore et bafoue. La France pratique abusivement des dérogations pour raison de “tradition” (pour citer un exemple, le piégeage d’oiseaux chanteurs pour la consommation….). Ces traditions ne sont pas dignes du nom. Elles sont honteuses et montrent un manque total de respect pour la vie sauvage et la biodiversité.

Le sport avec des animaux

Il est temps d’interdire totalement les combats de coqs, les corridas et tout autre sport cruel qui torture les animaux. Ces sports sont à l’encontre du décret que les animaux sont des êtres sensibles, capables de sentir la douleur et de souffrir. Considérer de telles pratiques comme des « sports » et des « traditions » est digne de l’époque de l’Inquisition. Quant aux corridas, ils sont déjà interdits dans la plupart des départements de la France et dans d’autres pays de l’UE.
De même, la pêche comme activité sportive devrait être interdite, car il est maintenant reconnu scientifiquement que les poissons aussi sont des êtres sensibles.

Les animaux de travail

Nous pensons que les services de l’état qui travaillent avec des chiens (l’armée, la police ...) devraient avoir des structures pour la retraite de ces chiens.

Les animaux de compagnie

Le bien-être animal et la protection des droits des animaux prennent de plus en plus d’importance dans notre société occidentale. Nous soutenons d’autres associations dans leur lutte pour mettre fin à l’expérimentation animale, l’utilisation d’animaux dans les cirques, l’emprisonnement d’animaux dans les zoos et les delphinariums.
Pourtant, nous sommes de l’avis que la maltraitance des animaux de compagnie ainsi que le problème de l’errance sont sous-estimés. Les fondations majeures ne les mentionnent même pas dans leurs contributions au grand débat.
La France détient le record honteux du plus grand nombre d’animaux abandonnés par an et en conséquence le plus grand nombre d’animaux euthanasiés dans les fourrières et refuges par an. Depuis le début de la création de l’association NALA 85480, nous luttons pour que le gouvernement mène une campagne de sensibilisation et d’éducation des propriétaires d’animaux. Malheureusement, le gouvernement continue à considérer que c’est uniquement le rôle des associations, qui n’ont ni les fonds ni le personnel. La situation d’animaux en errance en France est catastrophique. Les petites associations se trouvent chargées d’héberger tous ces animaux quand même les grandes associations, comme la SPA, n’arrivent pas à gérer la situation.
Nous considérons que le gouvernement ne travaille pas assez sur la prévention. Depuis de nombreuses années, des associations plaident pour la stérilisation obligatoire de tous les chats, mâles et femelles, pour réduire le nombre de chats errants. Pour les personnes qui ont du mal à payer, il devrait y avoir des aides financières. Et la TVA devrait être abolie pour les vétérinaires, comme c’est le cas pour les médecins.
Nous sommes aussi en faveur d’obliger les maires à faire des campagnes de stérilisation des chats errants avec suivi de leur santé et obligation de les nourrir et de leur fournir des abris. Actuellement, ce n’est pas une obligation mais une option, que la plupart des maires préfèrent ignorer.
Pour l’élevage d’animaux de compagnie, la stérilisation avant la vente devrait être obligatoire, ce qui est le cas depuis peu au Royaume Uni. Un effet secondaire positif est que les petits restent plus longtemps avec leur mère, ce qui est essentiel pour un bon développement physique et social, et les éleveurs se trouvent obligés d’éduquer les chiots de façon responsable avant de les vendre.
Nous aimerions que des propriétaires éventuels, qu’ils aient l’intention d’adopter ou d’acheter un animal, soient obligés de passer un examen pour obtenir un certificat d’aptitude.
Bien sûr, des élevages intensifs de chiots et le trafic d’animaux devraient être interdits. La vente de chiots et de chatons dans des vitrines, des expositions et par les médias sont aussi à interdire. Une nouvelle loi exige que quiconque veut vendre des animaux doit avoir un numéro SIRET, que la personne soit un particulier ou un éleveur. Un site spécifique et autorisé de vente pourrait être créé où ces éleveurs puissent vendre leurs animaux au lieu de le faire sur les médias et par les petites annonces.
L’élevage d’animaux de races sujettes à des maladies héréditaires devrait être interdit. Elever des animaux aux traits « à la mode » qui sont source de souffrance et de mauvaise santé pour l’animal n’est pas acceptable. Peindre les animaux, leur couper les oreilles ou la queue sans raison médicale, toutes ces pratiques devraient être défendues. L’attache permanente des chiens par une chaîne ou une corde doit aussi être abolie.
Les animaux domestiques devraient être acceptés dans les maisons de retraite, tant pour la santé mentale de la personne que pour le bien-être de l’animal.
En 2016 nous avons fait une comparaison de la situation des animaux errants en France et au Royaume Uni. http://www.nosamislesanimaux.com/les-fourri%C3%A8res-en-france-en-comparaison-avec-lero.php . La France n’a rien fait pour se servir de statistiques pour remédier à la situation. L’association NALA 85480 a essayé de cueillir des statistiques pour la Vendée, ce qui nous a causé beaucoup d’ennuis. Les autorités et les fourrières sont impénétrables sur ce qu’il arrive aux animaux errants mis en fourrière. Nous exigeons plus d’ouverture, tant pour les conditions de vie, les statistiques et la façon dont l’argent est dépensé.
Quand un vétérinaire procède à une euthanasie pour raison médicale, il devrait être obligé à signer un certificat. A présent, les chatons et chiots abandonnés qui finissent en fourrière sont systématiquement tués, n’importe leur état de santé. Nous croyons que ce ne soit ni nécessaire ni moral. Le gouvernement devrait trouver une solution à ce problème.
Au Royaume Uni il y a un numéro de téléphone dédié qu’on peut appeler 24h sur 24, 7 jours sur 7, quand on trouve un animal. En France, beaucoup de mairies ont des heures d’ouverture très limitées et sans numéro d’urgence pour les heures de fermeture. On ne sait pas qui contacter. Nous pensons aussi que chaque village devrait avoir un contrat avec un vétérinaire pour les soins d’un animal trouvé blessé. A présent, ce n’est toujours pas obligatoire. Les maires, pourtant seuls responsables des animaux errants, refusent de venir en aide sous prétexte qu’un animal n’est pas sur la route mais dans un lotissement, ce qui ne résout pas le problème pour l’animal et rejet la responsabilité sur le particulier qui le trouve. Il y a beaucoup de malveillance surtout envers les chats.
Nous attirons l’attention au Président sur un bon exemple de la gestion humanitaire des chats et chiens errants dans la ville d’Istanbul où on mène actuellement une campagne d’attrapage et de stérilisation. Les animaux sont aussi traités pour les parasites et les maladies par souci de santé publique.
En ce qui concerne les règles actuelles en France, elles sont mal respectées et mal appliquées par les autorités locales. On devrait avoir des brigades animalières qui peuvent intervenir rapidement en cas de maltraitance.

Ministère pour les animaux

Dernièrement, et pas la moindre des choses, nous croyons que le gouvernement devrait créer un ministère de la protection animale, indépendant du ministère de l’agriculture.
Fait le 9 mars 2019