Arrêtez la chasse en Vendée
Avis sur la Consultation Publique: Projet d’arrêté fixant les modalités d’ouverture et de clôture de la chasse pour la saison 2019/2020 en Vendée
Les associations Nos Amis Les Animaux 85480, Forests From Farms et La Ligue Universelle pour la Nature et les Animaux (des associations vendéennes pour la protection des animaux, de l'environnement et de la nature) sont contre cet arrêté pour les raisons suivantes.
Pour commencer, nos membres sont de l'avis que la chasse en France et donc aussi en Vendée devrait être carrément interdite pour la raison qu’elle fait plus de mal que de bien à l’écosystème, à l’environnement et aux concitoyens.
Au moins 84 % de la population française est contre la chasse. Une pétition de l'association One Voice montre que 167.842 personnes souhaitent même interdire la chasse en France, point final. La chasse est vue par beaucoup dans ce département comme une nuisance. La présence des chasseurs, qui, surtout les week-ends, se promènent avec leurs fusils autour de nos propriétés, nos maisons et nos animaux domestiques, sans se priver de carrément nous harceler, devient de plus en plus insupportable. Les périodes mentionnées dans l'arrêté sont donc beaucoup trop longues. Pour donner aux autres, la majorité de la population, qui ne chassent pas, un peu de répit, nous souhaiterions que la chasse soit interdite, au moins tous les week-ends, les jours fériés et pendant les grandes vacances scolaires de juin à septembre, sans dérogations.
La chasse, la pêche et le piégeage représente une grave atteinte à 98.5% de français puisque le droit de chaque citoyen de profiter de la faune est piétiné si ces activités morbides sont autorisées. En effet, un citoyen qui prend plaisir à observer des animaux dans la nature n’empêche pas les chasseurs de pratiquer leur activité. L’inverse est impossible puisque lorsqu’un chasseur tue un animal il prive chaque citoyen de pouvoir voir cet animal puisqu’il est mort. Par ailleurs, c’est également une atteinte au droit du travail puisque les photographes animaliers eux- mêmes nous confient qu’il est de plus en plus difficile de pouvoir photographier des animaux dans leur milieu naturel puisque soit ils ont disparu, soit ils sont en voie de disparition et il est donc impossible ou très difficile de les prendre en photo. Une activité de « loisir » ne doit pas primer sur le droit des citoyens de profiter de la nature et encore moins quand il s’agit de leur emploi !
La chasse est un passe-temps extrêmement dangereux. Les accidents de chasse, non seulement chez les chasseurs, mais surtout aussi chez les non-chasseurs et leurs animaux domestiques, ne sont pas négligeables. L'arrêté autorise la chasse du gibier d'eau 2 heures avant le lever du soleilet2 heures après le coucher du soleil. Pour la chasse des oiseaux de passage, le tir du grand gibier en battue, la chasse au vol, la chasse à courre, la chasse aux animaux classés nuisibles et la chasse sous terre et la vénerie sous terre c'est une heure avant le lever et une heure après le coucher du soleil. Sachant que même en plein jour il y a des chasseurs qui ne peuvent même pas distinguer entre un cueilleur de champignons et une perdrix, nous pensons que ces heures d'ouverture à l'aube et à la nuit tombante sont extrêmement dangereuses et donc irresponsables. Depuis l’année 2000, le terrorisme a provoqué le décès de 280 morts alors que la chasse en a provoqué 403 bien que ce « loisir » n’ait absolument rien d’indispensable à la survie de qui que ce soit, bien au contraire ! La preuve : source: https://www.liberation.fr/checknews/2018/10/23/la-chasse-fait-elle-plus-de-morts-que-le-terrorisme-mais-moins-que-les-violences-conjugales_1686978
L'arrêté ne donne pas de statistiques, ni des raisons valables pour continuer la pratique de la chasse. En ce qui concerne les dégâts des sangliers, cet argument est injustement utilisé par les chasseurs qui eux-mêmes sont responsables de l'élevage, pour le lâcher et même pour le nourrissage des sangliers pour faire accroître la population de cette espèce. Nous pensons que la Vendée devrait envisager la stérilisation des sangliers, ce qui est fait dans d'autres pays, comme l'Espagne. Pour ces animaux et surtout les chevreuils, la Vendée devient invivable. Presque tout le territoire de la Vendée, à part quelques rares endroits, est utilisé pour l'élevage et l'agriculture. Il faut être raisonnable et savoir adapter à une forme de cohabitation avec notre faune et notre flore et respecter le fait que de plus en plus de citoyens ne supportent plus ce massacre.
En plus, la chasse de certains animaux comme le renard pose plutôt un danger pour la santé publique que l'inverse. Le renard est un animal très utile. Il a été démontré que la présence de prédateurs comme les renards et les fouines est bénéfique pour lutter contre les infections véhiculées par les tiques, telle que la bactérie de Borrelia responsable de la maladie de Lyme, un vrai danger de nos jours. Et le renard joue un rôle important pour la régulation des populations de rongeurs.
La souffrance inacceptable des animaux causée par les chasseurs est évidente. La France a la plus longe liste de méthodes de chasse barbares et d’espèces soi-disant “nuisibles”. La chasse à courre, à cor et à cri, par exemple, est déjà interdite dans beaucoup de pays européens. Nous ne manquons pas de vous informer que nous avons déjà attiré l'attention du Président de la République sur ce sujet: http://www.nosamislesanimaux.com/lettre-chasse-%C3%A0-courre.php
Nous sommes pour l'abolition de cette forme de chasse. La même chose pour la vénerie sous terre, qui est fondamentalement cruelle. Elle aussi n'est déjà plus pratiquée, et est même illégale, dans de nombreux pays européens. L'animal n'a aucune chance. Les animaux sont énormément stressés. Et le blaireau est d’ailleurs injustement accusé de transmettre la tuberculose bovine, ce qui est démenti par les études scientifiques ; http://www.journaldelenvironnement.net/article/tuberculose-bovine-le-blaireau-enfin-innocente,75192
Il est temps de prêter attention à la science et de lâcher les « traditions » du moyen âge. Finalement, pour la chasse à tir du grand gibier, il est prouvé qu'à cause des nombreux tirs ratés les animaux ne sont pas morts d'un coup. Il faut plusieurs tirs pour tuer un animal ce qui cause une énorme souffrance inutile.
Au lieu de tuer des animaux sauvages, les agriculteurs et les chasseurs seraient mieux occupés à planter des arbres et créer des espaces de vie pour la vie sauvage. Les données scientifiques les plus récentes montrent que la vie sur terre est menacée. L’espèce humaine n’est qu’une petite partie de la chaîne écologique. La disparition des autres espèces mènera à la disparition de l’espèce humaine. Les chasseurs se considèrent comme les gérants de la nature. En réalité, ils ne font que contribuer à sa destruction, en tirant sur des oiseaux migrateurs et en créant de fausses classifications de « nuisibles » et « non-nuisibles ». L’homme, pourtant, est le plus « nuisible » de tous – verrons-nous le jour, dans un futur pas très lointain, où on dira aux chasseurs de tirer sur les êtres humains et leurs petits, en train de migrer vers une terre plus propice à la vie ? Dans certains pays, le futur est déjà le présent. Un fusil ne devrait pas être un jouet de loisir. C’est une arme de guerre, dans les mains de chasseurs qui ne subissent pas de test de vue, de test de taux d’alcool dans le sang ni d’évaluation de leur état mental avant de partir chasser à proximité de maisons, de chemins de randonnée et de routes.
Emmanuel Macron, pour contrer le slogan de Donald Trump « Make America Great Again ! », a inventé son propre slogan : « Make Our Planet great Again ! » Quand actuellement toutes les données scientifiques montrent que nous entrons dans une crise environnementale planétaire, continuer la chasse en France ferait preuve de l’insincérité, de l’hypocrisie et du manque de bon sens de ceux qui sont censés veiller sur nous et protéger notre environnement.
En vue de ces objections et du manque de rationalité dans cet arrêté, nous sommes de l’avis que cet arrêté ne devrait pas être approuvé.
28 avril 2019