Avis de NALA 85480 sur la vénerie sous terre
Avis de l’association Nala 85480 sur le Projet d’arrêté modifiant l’arrêté du 18 mars 1982 concernant l’exercice de la vénerie, relatif à la vénerie sous terre
La première question primordiale évidemment à se poser est pourquoi continuer de chasser les blaireaux et les renards en France ?
Le blaireau est un animal très discret et utile, qui sort la nuit pour se nourrir de vers de terre, d'insectes, de fruits ou de grenouilles. Il n'y a pas de surpopulation car tous les scientifiques qui ont travaillé sur le sujet en France s’accordent à estimer que les densités de population iraient de 0,1 à 4 ou 5 blaireaux par kilomètre carré. En Angleterre, elles peuvent atteindre 10 individus au kilomètre carré.
En ce qui concerne la transmission de la tuberculose bovine, il existe un autre moyen de contrôle, comme cela a été prouvé au Royaume Uni: la vaccination. Au pays de Galles, la vaccination du blaireau contre la tuberculose est réalisée de préférence pendant la chasse et avec succès.
En ce qui concerne les dégâts censés être causés par les blaireaux, le Conseil Scientific du Patrimoine Naturel et de la Biodiversité, dans son avis publié lundi 13 juin 2016, met sérieusement en cause la pratique de l’abattage et les motifs invoqués pour le faire: «ni le risque d’infection tuberculeuse en France ni les dégâts qui seraient causés aux cultures ne justifient un abattage massif de blaireaux».
De plus le blaireau est une espèce protégée sous la convention de Bern. Il est protégé dans beaucoup de pays de l'Europe: en Belgique, en Angleterre, en Irlande, aux Pays-Bas, au Danemark, au Portugal, en Espagne, en Italie et en Grèce. La France devrait suivre leur exemple.
Quant au renard, les résultats d’études scientifiques récentes ont prouvé que la présence de prédateurs comme le renard est bénéfique pour lutter contre les infections véhiculées par les tiques et donc des infections par la bactérie Borrelia qui sont à la base de la maladie de Lyme. Aux Pays-Bas on a montré que plus le nombre de renards était important, plus le nombre de tiques infectées était faible !
Vu que le nombre de cas de maladie de Lyme chez l'homme est en augmentation en France, tuer les renards posera un plus grand danger pour la santé publique que la présence des renards eux mêmes.
La vénerie sous terre est fondamentalement cruelle. Pour cette raison elle n'est déjà plus pratiquée, et est même illégale, dans de nombreux pays européens. L'animal n'a aucune chance. Les animaux sont énormément stressés. Même les petits et les jeunes sont tués, de sorte qu'ils n'ont jamais la chance de vivre leur vie. Interdire la capture directe de l’animal par des chiens pour soi-disant « limiter les souffrances des animaux qui sont capturés » ne changera rien et à notre avis ce n’est qu’une mesure trompeuse pour faire semblant d’être sensible à la protection animale sans rien faire qui ait un effet concret.
Aussi, pour les chiens de chasse, cette méthode n'est pas sans danger.
Donc l'association Nala 85480 s'oppose à cet arrêté et demande la vaccination des blaireaux.

Et pour finir nous sommes d'avis que la chasse en France devrait être carrément interdite pour la raison qu’elle fait plus de mal que de bien à l’écosystème et à l’environnement.