CP Vénerie sous terre des blaireaux en Vendée 2026
Soyons clairs, la chasse au blaireau est avant tout un loisir. C’est juste un passe-temps. Il n’y a pas nécessité de réguler l’espèce, car elle ne prolifère pas. Ce n’est pas pour les manger. C’est juste un loisir cruel, une tradition qu'on veut continuer.
Les arguments avancés dans la note de présentation visent à soutenir la poursuite de cette tradition cruelle pour un tout petit groupe de personnes (et ce en préférence pendant les mois de printemps/été) : 41 équipages d'environ 5 à 6 personnes, soit un peu moins de 250 personnes sur une population Vendéenne totale d'environ 750 000 personnes, soit environ 0,03 %. Selon un récent sondage réalisé en 2025 par la Fondation Brigitte Bardot, 70 % des personnes interrogées sont opposées au déterrage du blaireau et à juste titre. La grande majorité de la population est donc opposée à cette forme de chasse, aussi en Vendée. Autoriser un passe-temps pour seulement 0,03 % des personnes, sachant que 70 % s'y opposent, nous semble exagéré. En réalité, et cela ne vous surprendra pas, toute cette pratique de chasse non seulement du blaireau mais aussi du renard devrait être abolie selon nous, mais ce n'est pas l'objet de cet arrêt.
Il s'agit d'une prolongation de cinq mois de la période de chasse à ces animaux et selon nous vos arguments avancés dans la note de présentation ne justifient certainement pas cette prolongation.
- Les données présentées par la fédération de chasse correspondent à la saison 2023/2024. Il serait judicieux de fournir à la CDCFS, mais également aux contributeurs du dialogue environnemental, les données les plus récentes, et ainsi de fournir le bilan de l’année cynégétique 2024/2025.
- Vous dites: "Comme toutes les espèces sauvages, les populations sont imparfaitement connues." Néanmoins, on parle de 200 000 exemplaires dans toute la France (ce n'est pas beaucoup!!), sans pouvoir étayer scientifiquement ce chiffre. Ce genre d'hypothèses est trompeur et peu crédible.
- Le recensement des terriers par les chasseurs n’apporte pas plus d’élément sur les effectifs de blaireaux en Vendée. Il est impossible d’estimer les effectifs de blaireaux à partir de ces données. Les terriers vides sont-ils également pris en compte dans la calcule du nombre de terriers ? Là encore, les chiffres ne peuvent être vérifiés.
- Les données figurant sur la carte des observations de blaireaux issue du Groupe Mammalogique Herpétologique de Vendée, publiée dans la note ne sont pas claires et leur interprétation selon laquelle la présence du blaireau est homogène dans le département est erronée. Par ailleurs, après consultation de leur site internet ( https://www.faune-vendee.org/index.php?m_id=23 ), les données relatives au blaireau sont minimes. Il s'agit d'un site qui recense principalement des observations d'oiseaux et de papillons de jour et de nuit. 0 % concerne les mammifères en total (y compris donc toutes les autres espèces mammifères). 94 données ne suffisent pas pour une prolongation de la chasse à ces animaux et une fois encore, la mention de ce type de données est trompeuse et invérifiable. On ne peut donc pas conclure que "Ce classement atteste d’un bon état de conservation de l’espèce, comparable à celui d’autres espèces chassables communes telles que le sanglier ou le chevreuil."
- Une fois encore, les dégâts causés aux cultures par le blaireau "sont difficiles à évaluer". Il est impossible de déterminer avec certitude s'ils sont causés par le blaireau ou par un autre animal. Le fait que les blaireaux sont aussi très utiles à l'agriculture, en consommant les petits rongeurs et les vers blancs, n'est pas pris en compte dans votre calcule. Soumettre cet animal à une chasse traditionnelle aussi cruelle (et interdite dans beaucoup de pays Européens) est disproportionné par rapport aux dégâts mineurs qu'il devrait causer. De plus le projet d'arrêté permet la chasse dans la période complémentaire sur tout le territoire de la Vendée sous le prétexte de limiter les dégâts. Mais il y a sans doute les endroits où les blaireaux n'occasionnent pas de dégâts et donc la chasse n'y est pas justifiable!
- Bien que le Conseil d'Etat se soit prononcé sur la vénerie sous terre des blaireaux en général, depuis ses conclusions plusieurs tribunaux se sont prononcés en faveur d'une suspension ou annulation d'arrêtés préfectoraux qui autorisaient une période complémentaire de vénerie sous terre des blaireaux sur des fondements différents. Comme dans la Vienne, la Charente et la Charente-Maritime, dans les Hautes-Pyrénées, dans le Loir-et-Cher, en Côtes-d'Armor en 2024 et dans le Rhône en 2025 (pour n'en citer que quelques-uns des 2 derniers ans.)
- En ce qui concerne les risques sanitaires, vous justifiez l’ouverture anticipée de la vénerie sous terre du blaireau par le fait que le blaireau peut être porteur de la tuberculose et la transmettre aux bovins, et que “La menace de la tuberculose bovine est réelle en Vendée, un cas ayant été enregistré par la communauté européenne aux Sables d’Olonne.” Pourtant, en avril 2023, l’ANSES a écrit au Sénateur Arnaud Bazin pour lui confirmer que « les experts ont rappelé les recommandations déjà émises dans le précédent rapport de 2011, selon lesquelles dans les zones indemnes, l’élimination préventive des blaireaux (et autres espèces sauvages) ne peut en aucun cas être justifiée au motif de la lutte contre la tuberculose. Depuis cette date, l’évolution de la tuberculose bovine au sein des troupeaux comme de la faune sauvage ne justifie pas un réexamen de notre position scientifique. » Vous ne pouvez donc pas justifier votre projet d’arrêté par le fait que le blaireau peut être porteur de la tuberculose. Pire, cet argument devrait vous inciter à interdire la vénerie sous terre dans votre département, puisque les chiens envoyés dans les terriers sont susceptibles de répandre des zoonoses, aussi bien aux êtres humains qu’aux animaux domestiques et aux élevages.
