Communiqué de presse


Des chatons agonisant et mourant: est-ce la norme dans une fourrière de Vendée ?



Depuis 2012, nous établissons des statistiques sur les animaux trouvés en Vendée, et nous étudions le sort qui leur est réservé. Nous venons de publier les statistiques sur notre site internet :

http://www.nosamislesanimaux.com/statistiques-fourri%C3%A8res-chiens-et-chats.php


Les services de fourrières sont soumis à la loi, et notamment aux dispositions de l’arrêté du 03 avril 2014. « Les animaux non récupérés par leurs propriétaires, à l’issue du délai légal de huit jours ouvrés, sont, dans les départements indemnes de rage, prioritairement et après avis vétérinaire, cédés à titre gratuit à des associations ou fondations de protection des animaux disposant de refuges. » Et aussi : « Les animaux malades, accidentés ou blessés doivent recevoir dans les meilleurs délais des soins appropriés, si nécessaire par un vétérinaire. »


Néanmoins nous avons pu conclure des statistiques que des chiens, mais surtout les chats et les chatons de tous âges sont euthanasiés dans une fourrière de Vendée La Solution Antoine Beaufour. (Annexe 1

Très récemment, nous avons été confrontés de près à cette fourrière. Le 11 août 2015, un carton adressé à NALA 85480 a été trouvé devant la porte d'un de nos vétérinaires à Chantonnay. A l'intérieur de cette boîte 8 chatons de 4 semaines. Sur la boîte une note disant qu'ils avaient été nourris car leur mère était morte, et la personne qui les abandonnait déclarait ne plus pouvoir s’en occuper. Selon la loi, les chatons devaient être pris en charge par la fourrière communale pour une période de 8 jours avant qu'ils puissent être donnés pour adoption à une association qui possède un refuge. Ils ne pouvaient être euthanasiés que sur avis vétérinaire. Le vétérinaire a contacté la police municipale pour récupérer les chatons.

Inquiétée du sort des chatons, nous avons pris contact avec la police municipale, pour demander ce qu'ils allaient faire avec ces chatons. Deux solutions s’offraient à eux : soit les garder dans les locaux de la fourrière sise à Chantonnay, soit les donner à la société Solution Antoine Beaufour, avec laquelle la communauté de communes des pays de Chantonnay à une convention.

Or, nous savons grâce à nos statistiques que le taux de survie des chatons dans cette fourrière est égal pratiquement à zéro. Donc, nous intervenons : deux journées d'appels téléphoniques et de courriels échangés avec le vétérinaire, la police municipale, la mairie, l'association Galia et la société Solution Antoine Beaufour. Les chatons ont quand même été donnés à la société Solution Antoine Beaufour, mais nous obtenons un accord selon lequel l’association Galia prend les chatons et nous les donne.

A la date de sortie de fourrière convenue, dix jours plus tard, 5 chatons n'ont pas survécu. Les trois qui restent sont dans un état pitoyable : squelettiques, affamés, pleins de puces et très sales.

Nous avons filmé la prise en charge et vous pouvez la voir sur youtube:


 

Conséquemment à cette publication, nous recevions un courriel de Mr Beaufour. Cliquez sur l'image: 

Nous avons sollicité un rendez-vous de la directrice de la DDPP (Direction Départementale de la Protection des Populations), Mme Bouyer, afin de connaître sa position quant à ces faits établis. Elle n’a pas souhaité donner suite à notre demande.

Nous avons également été reçus par le maire de Chantonnay, ville où les chatons ont été pris en charge. Nous sommes dans l’attente de la transmission des documents de suivi vétérinaire ayant trait aux 8 chatons.

Le service de fourrière animale est service public financé par l’impôt. Les installations et le fonctionnement doivent être régulièrement contrôlés. Le silence des autorités sur les disfonctionnements que nous constatons nous alarme.


Nos questions:


Comment est-il possible que ce taux d'euthanasies ait été toléré par les autorités départementales et locales durant toutes ces années? Ce, alors que la loi demande à ce que la solution de remise à un refuge en vue d’adoption soit prioritairement mise en œuvre.

Comment est-il possible que les communes et communautés de communes n’aient pas contrôlé régulièrement leur délégataire de service public et n’aient pas été vigilantes sur le sort des animaux ?

Pourquoi la quasi-totalité des chats et des chatons pris en charge par cette fourrière sont-ils euthanasiés ?

Pourquoi le nombre de cadavres de chats est-il particulièrement élevé sur le territoire de la Comcom des Olonnes ? Pourquoi la Communauté de communes n’a-t-elle pas demandé des explications à la lecture des bilans transmis par le délégataire ?

Pourquoi les données des copies des registres d’entrées et de sorties des animaux ne correspondent pas toujours avec les données de la copie du registre de suivi sanitaire, lequel est tenu sous contrôle vétérinaire ? Pourquoi les contrôles de la DDPP n’ont-ils pas remédié à ce disfonctionnement ? Pourquoi les responsables des communes n’ont pas la volonté de contrôler au moins annuellement l’activité de ce délégataire, alors que les factures sont payées avec l’impôt ?

Comment est-il possible que des animaux ne soient pas maintenus dans un bon état de santé, conformément à la loi ?

Pourquoi la DDPP ne fait pas suite à nos demandes d’informations ? Pourquoi en octobre 2013 a-t-elle conseillé aux maires de ne pas nous transmettre copie des registres qui sont qualifiés par la CADA de documents administratifs transmissibles ?

Comment est-il possible que les communes et communautés de communes acceptent de payer le même prix, que l’animal soit euthanasié ou qu’il soit remis à un refuge ? Pourquoi le contrat de délégation de service public n’incite pas le prestataire à appliquer la loi, et à céder à titre gratuit les animaux à des associations via une renégociation à la baisse du prix de la prise en charge débouchant sur une euthanasie ou un décès ?

Pourquoi les autorités de la ville de Chantonnay ont confié les 8 chatons à la société Solution Antoine Beaufour, ce alors que la ville dispose d’une installation de fourrière, et que nous avions averti les autorités de nos craintes quant à la survie des chatons ?